issue 10/2019




Heroes of Might and Magic : A Strategic Quest
Jeu édité en 1995 par New World Computing.
Jeu sorti sur

DOS, Windows et MacOS, porté sur Gameboy Color

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Genre :

Gestion et Stratégie

Heroes of Might and Magic : A Strategic Quest
[par Emuzone]

Les plus anciens rôlistes numériques connaissent certainement la licence Might & Magic. C’est dans le milieu des années 90 que New World Computing décide de tirer profit de cette célèbre saga des années 80 pour créer son jeu de stratégie tour par tour.



C’est donc en 1995 que nait Heores of Might and Magic qui se veut un titre neuf, à la croisée du jeu de stratégie, de gestion et de rôle dans un univers d’heroic-fantasy déjà connu.



Ce titre vous propose donc d’incarner un des quatre seigneurs dont la mission est n’est autre que d’éliminer la concurrence et prendre possession de la carte.



Pour ceci il vous faudra engager des héros et leur confier vos troupes afin qu’ils puissent parcourir le continent et prendre possession des mines de matières premières, permettant d’alimenter vos besoins divers. Ces dernières restent le nerf de la guerre, car point d’évolution sans ces précieuses denrées.
Pour lever une armée il vous faudra évidemment de l’or et pour cela, le meilleur moyen reste le nombre de château ou village sous vôtre contrôle. Ainsi il vous faudra tenter de prendre de force les places alentours mais aussi garder celles déjà acquises.
Si le but est de s’étendre jusqu’à la victoire totale, celui-ci demandera une bonne gestion de votre part entre l’exploration, afin de trouver de nouvelles ressources parfois protégées, le combat pour le gain de nouveaux territoires et la dépense pour grossir votre armée ou améliorer votre production.



La première étape, logique, est bien évidemment de découvrir les alentours et acquérir le plus de mines de production possibles tout en éliminant les quelques monstres errants permettant à vos héros de s’aguerrir, et repérer si possible les places fortes de l’ennemi.
Les héros sont donc les personnages centraux de ce jeu, comme quoi le nom était bien choisi, et se recrutent, comme tout bon vaillant et preux chevalier, ou sage et cultivée magicienne, à la taverne. Chacun possède des caractéristiques propres à sa classe, ainsi un guerrier aura plus de facilité à haranguer ses troupes au combat que de lancer des magies puissantes et destructrices, plus approprié pour un sorcier. Ces valeurs évolueront au fil des combats grâce au gain de points d’expériences proportionnels à la force de l’armée vaincue. Le héros, représentant le chef des troupes que vous aurez bien voulu lui confier, voit ses caractéristiques influer directement sur les soldats. Ainsi, même si le nombre fera à coup sûr la différence, un petit bataillon sous les ordres d’un général expérimenté, allié à une stratégie pointue, aura une chance de se sortir de quelques mauvais pas.
Vous l’aurez vite compris, avoir des héros décorés et la plus grosse armée possible reste l’assurance d’une victoire finale. Mais attention, toutes les unités ne se valent pas, certaines, bien que nombreuses, n’auront pas une force de frappe équivalente à une plus apte à la guerre bien que réduite. Comprenez qu’une horde de paysans sera facilement décimée par quelques chevaliers seulement.



La magie, bien que présente, n’aura réellement effet qu’à très haut niveau ou lors des premières escarmouches. Elle vous permettra surtout de gagner du temps dans la majorité des cas. Les plus usuels resteront les sorts tels que ceux augmentant la défense ou optimisant l’attaque. Mais ceux restant sans nul doute les plus stratégiques à mes yeux sont ceux permettant d’immobiliser une unité ennemie.



Le jeu, époque oblige, n’est pas si facile qu’il puisse paraître pour le néophyte, mais la stratégie globale se dessine assez bien au fil des parties. Une bonne occupation des mines, allier à un héros expérimenté ayant sous ses ordres de puissantes et nombreuses troupes, restera le meilleur moyen de l’emporter, surtout en tirant profit de batailles entre deux adversaires affaiblissant considérablement le vainqueur.



Si le jeu propose de s’affronter jusqu’à quatre joueurs, l’internet n’étant présent dans tous les foyers, et la mise en réseau de plusieurs micro-ordinateurs, encore très peu transportables, limitée à ce qu’on appel des LAN, l’affrontement entre souverains faits de chair et de sang se limite bien souvent à des parties sur le même poste. Si la thématique du tour par tour s’y prête bien, le fait de pouvoir regarder l’écran de l’adversaire par dessus l’épaule de ce dernier, oblige d’instaurer quelques règles physiques entre stratèges pour garder une certaine équité durant la partie.



Les graphismes sont très corrects et au détail, est préféré un affichage permettant de bien reconnaitre chaque élément de la carte, avec les couleurs du camp associé, ou non. De même les animations sont très peu présentes. C’est plutôt lors de la phase de combat que le jeu s’embellit, avec des monstres imposants et des animations bien plus nombreuses. Par contre, la taille du terrain étant assez réduite, la tactique s’en retrouve par la même simplifiée.



Musicalement, s’il y a bien quelques partitions pour différentes phases dans le jeu, elles sont majoritairement courtes et au final assez quelconques, mais on peut toujours se dire que c’est mieux que d’entendre toujours les mêmes en boucle. Il reste donc une bande sonore un peu plus travaillée, donnant une certaine ambiance au jeu, que ce soit lors des combats, des déplacement ou dans l’exploitation des châteaux.



Si le portage en 2000 sur Gameboy Color est, forcément, techniquement en dessous de l’original, évidement les graphismes en premier lieu, il n’en possède pas moins quelques qualités assez bluffantes à la vue de la puissance de la machine, même si l’ergonomie, assez austère, pourra facilement rebuter quelques joueurs.



Heroes of Might and Magic, malgré quelques défauts mineurs de jeunesse, est au final un jeu réussi, qui a prit le parti de marier différents genres pour en devenir atypique. Ne demandant pas au joueur d’être forcément un grand stratège mais d’avoir quand même un minimum de sens tactique, ne l’obligeant pas à se lancer dans une gestion complexe et pointue de son royaume, mais simplement avisée, il reste une expérience singulière et agréable qui peut se révéler très vite addictif, même si aujourd’hui certaines mécaniques n’ont pas très bien vieillies, grâce à une ergonomie et un gameplay restant tout à fait abordable.


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