issue 04/2019




Seiken Densetsu III (Secret of Mana 2)
Jeu édité en 1995 par Squaresoft.
Jeu sorti sur

Super Nintendo

.
Genre :

Jeu de rôle typé action.

Seiken Densetsu III (Secret of Mana 2)
[par Emuzone]

Ce qui fait la renommée d’une saga est la capacité à un titre à toujours se renouveler et de proposer du supplément sans jamais dénaturer l’essence originelle de la série. A ce titre, Seiken Densetsu 3 (traduisible en Secret of Mana 2) fait partie de ces suites aussi attendues que craintes.

Difficile de savoir par où commencer lorsqu’on tient à parler de cette œuvre. Débutons donc par ce que nos yeux de joueurs découvrent lors du lancement du programme. L’introduction fait apparaître un texte déroulant racontant les origines de Mana sur un fond avec un dégradé de couleur. S’en suit naturellement un survol de l’île en mode 7 jusqu’à l’arbre mythique pour finir sur un défilement rapide de nuages, toujours avec un dégradé progressif, simulant le vol rapide de quelques lumières scintillantes, le tout accompagné du thème musical revisité de Secret of Mana.

Sans être aussi puissante et sobre que celle de Seiken Densetsu 2, ces premières scènes montrent la volonté des développeurs à mettre tout leur savoir faire dans cette suite.

Une première surprise interpelle le joueur lorsqu’on lui propose de créer une équipe de trois personnages parmi les six sélectionnables. L’équipe n’est donc plus prédéfinie. Il vous appartient de faire celle qui vous plaît. Bien évidemment chaque personnages à ses attributs propres, mais c’est avant tout à ce moment que vous choisirez votre aventure. Car, en effet, si la trame générique reste la même, à savoir sauver le monde de Mana, trois scénarios sont disponibles et ne se révèlent que par rapport au choix de votre héros. En clair, les personnalités sont liées deux à deux, et en découle les trois histoires spécifiques.

Cela ne veut pas dire que le choix de vos deux acolytes n’aura aucune importance. Si ces derniers vous apporteront leurs spécificités lors des batailles, de leur présence entraînera également l’accès ou non à certains endroits du monde. D’ailleurs vous ne commencerez l’aventure qu’avec votre personnage principal pour retrouver plus tard vos deux compagnons.

Les six pontes ont donc leur propre histoire, certaines plus approfondies ou mieux amenées que d’autres avec un fond plus ou moins mature et donc poignant. Mais ne boudons pas notre plaisir. Les destins de chacun s’entremêlent et nous avons le droit à une aventure épique comme à l’accoutumée.

D’ailleurs chaque personnage possède son caractère et ses mimiques admirablement mis en scène par des graphismes merveilleux. Le mot n’est pas galvaudé, n’importe qui d’objectif ayant connu l’ère 16 bits et le passage aux consoles 32 bits ne pourra contredire la beauté de Seiken Densetsu 3. La Snes fait étalage de toutes ses capacités, transformant chaque image à l’écran en toile de maître. Rares sont les créations vidéo ludiques qui peuvent se targuer d’avoir des décors aussi féeriques d’une telle finesse, surtout que les personnages, ennemis, bosses et effets magiques sont du même niveau. C’est une véritable orgie visuelle à laquelle nous invite Squaresoft ayant poussé le vice à jouer avec les dégradés pour gérer un cycle jour et nuit qui a un réel intérêt, notamment pour un personnage lycanthrope. De même, les jours de la semaine sont aussi prit en compte puisqu’à chacun d’eux correspond un esprit dont la magie sera évidemment plus puissante à cette période.

Toute cette beauté est accompagnée de nombreuses et magnifiques musiques toujours orchestrées par Hiroki Kikuta. Elles n’ont pas grand chose à envier aux précédentes, mais il est clair que la magie à moins d’effet. Aussi justes et mélodieuses soient-elles, le fan de la série, déjà préparé, est moins surpris.

Est-il besoin de rappeler que la série des Seiken Densetsu fait parti de ce que l’on nomme Action-RPG ? Concernant ce dernier terme, il est évident que beaucoup de travail a été effectué pour amélioré cet aspect souvent mis en retrait auparavant. Chaque personnage possède désormais six caractéristiques à faire progresser comme bon vous semble. Nul besoin de préciser que suivant celles que vous améliorerez, le héros sera plus ou moins puissant, endurant, sensible à la magie ou même chanceux, surtout lorsqu’il s’agira d’ouvrir un coffre piégé. La nouveauté ne se fini pas là, puisque chacun des protagonistes pourra changer de classe à deux reprises, permettant de dépasser les maximums de chaque caractéristiques fixés par la classe précédente. A chaque fois, il vous faudra choisir entre deux professions possibles. Ce choix est crucial pour la suite car de lui découle l’ouverture et fermeture à des magies supplémentaires mais aussi techniques spéciales de combats. Chacun deux a en tout sept classes avec au final quatre différentes. Cette riche idée donne une réelle dimension typée jeu de rôle dans ce troisième opus.

Pour ce qui est de l’action, le système de combat à lui aussi changé. Plus d’armes à charger et à inter changer entre les combattants. On peut dire que le système a été, d’une certaine manière, simplifié. Chaque protagoniste possède son propre style d’armement que vous pourrez acheter pour augmenter les caractéristiques au grès des marchands rencontrés.

De prime abord, le gameplay peu paraître un peu brute, se résumant à appuyer sur le bouton d’attaque tel un forcené du hack’n slash, mais celui-ci révèle quelques subtilités pour qui s’y investit pleinement. Si la technique basée sur l’attaque et l’esquive à la manette semble de moins en moins viable au fil du temps, c’est du côté de la tactique, disponible dans les options, ainsi que de votre art de la guerre et votre fine analyse des points forts et faibles de vos adversaires, que les escarmouches gagnent en valeur. Ainsi, un joueur avisé concentrera sa force de frappe sur un monstre plutôt qu’un autre et demandera à l’intelligence artificielle d’avoir un soutient offensif ou défensif ou encore de ne pas exposer tel ou tel compagnon à un combat rapproché. De plus, il pourra choisir le niveau des attaques spéciales à effectuer par chacun. A force égale, les duels peuvent donc devenir très intenses, faisant appel à un certains sens tactique.

Par contre, si les magies sont d’une importance souvent capitale, leurs exécutions, en plus d’entraîner des animations toutes plus belles les unes que les autres, coupent la dynamique. Celles-ci allant même jusqu’à empêcher l’utilisation d’objets ou d’autres magies, sans aucun doute pour une raison de timing et de priorité. Mais cette règle, non visible par le joueur et donc difficilement appréhendable peu facilement frustrer.

L’univers est assez riche et parcourir l’univers ce fait avec grand plaisir à l’aide des navires, canons ou encore à dos de tortue et de dragonne dans un mode 7 maîtrisé à la perfection. De plus les temps morts n’existent pas et le leveling n’est clairement pas obligatoire pour terminer l’aventure malgré quelques passages plutôt ardus.

Vous l’aurez aisément compris, il n’y a guère chose à reprocher à ce Seiken Densetsu III. Cette suite est une réussite quasi-totale. Avec un rendu graphique aussi époustouflant ne faisant subir de ralentissement, un scénario aux multiples possibilités proposant un véritable challenge, des personnages aussi charismatiques qu’attachant évoluant à notre gré, des musiques renforçant l’ambiance et une bonne maniabilité pour un gameplay dynamique, ce jeu est sans nul doute l’un des meilleurs A-RPG existant et voire le meilleur de l’ère 16 bits. Si à sa sortie, sa localisation unique pour le Japon pouvait rebuter, maintenant que les traductions sont disponibles, il serait sacrilège, pour un adepte du genre, de passer à côté de ce diamant.


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